Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 08:10

Les Constructeurs des machines pour l’usinage du bois ont laissé derrière eux une année très difficile, mais les rumeurs optimistes augmentent. Franz-Josef Bütfering, Président de la Fédération Européenne des Fabricants des Machines pour le Traitement du Bois, EUMABOIS, a parlé de la situation mondiale actuelle de l’industrie de l’usinage du bois, avec le journaliste Georg Dlugosch.


Comment la situation apparaît-elle aux yeux d’ Eumabois, l’association des constructeurs européens des machines et des outils pour l’usinage du bois?

 
Bütfering: il est indéniable que nous avons traversé un moment de grande crise. Les chiffres d’affaires se sont effondrés et, dans de nombreuses entreprises, ils se trouvent encore à des niveaux extrêmement bas. Nous prévoyons que ces difficultés se poursuivront encore pendant quelque temps, mais des signes clairs indiquent que nous avons pris le chemin de la sortie de cette vallée de larmes. Des indicateurs toujours plus nombreux montrent que la courbe a recommencé à monter. Les foires les plus récentes n’ont pas seulement apporté un climat plus favorable, mais également de nouvelles affaires C’est de là que naît notre optimisme.

 

D’où proviennent ces lueurs d’espoir?

 
Bütfering: Les marchés de la zone allemande ont représenté un véhicule sûr pour les constructeurs des machines d’usinage du bois dans leur parcours vers la sortie de la crise. Les investissements ont tenu relativement bien et ceci représente une base solide pour l’avenir. Sur cette base, compte tenu des circonstances, nous avons obtenu d’excellents résultats à la foire de Nuremberg. Holz-Handwerk/Fensterbau, avec 1.273 expositeurs provenant de 35 Pays et plus de 100.000 visiteurs, dont 16.500 étrangers, a atteint les niveaux de 2008, ce qui prouve que le secteur a récupéré une partie de sa vivacité.

 

Quels sont les signaux qui proviennent du contexte européen?

 
Bütfering: L’Europe se mobilise. L’Europe orientale possède une meilleure dynamique par rapport aux Pays occidentaux, mais l’effondrement a été plus dramatique. Les marchés immobiliers n’ont pas encore repris. C’est pourquoi nous notons encore parmi nos clients une certaine prudence dans les achats. Il faudra d’abord assister à une augmentation de la charge de travail de l’industrie du bois et du meuble, puis nous pourrons compter sur une reprise significative des investissements. Pour le moment, les demandes de remplacement des vieilles installations  ou d’adaptation des systèmes de production restent prépondérantes. En Pologne, le secteur subit une évolution extraordinaire, mais le salon Drema de Poznan a dû faire face à deux urgences très graves: d’un côté, les expositeurs et les visiteurs ont été bloqués par la fermeture des ciels européens en raison du nuage volcanique, de l’autre, le Pays a été durement touché par l’accident aérien dans lequel le Président polonais a perdu la vie. Malgré ces adversités, le nombre des visiteurs a augmenté de 16 pour cent et nous avons été très encouragés en raison de la grande disposition aux investissements de la part des opérateurs qui se trouvaient à Poznan.


En Italie, le second pays des constructeurs des machines à bois, deux foires importantes ont eu lieu en peu de temps. Quels sont les effets de cette concurrence?

 
Bütfering: Les effets des turbulences économiques internationales se sont fait beaucoup ressentir en Italie. L’événement principal, Xylexpo à Milan, a affiché, par exemple, moins de présences que prévu, avec 50.000 visiteurs. La proximité de ces deux rendez-vous a compliqué les choix des expositeurs et des visiteurs. Une fois encore il a été prouvé combien le manque de clarté dans le paysage des foires détermine une grande confusion et de l’incertitude non seulement parmi les expositeurs, mais également parmi les visiteurs qui risquent de ne pas trouver un expositeur qui les intéresse car celui-ci a choisi de participer à l’autre foire. En tant qu’association européenne, Eumabois est engagée à garantir la transparence et la certitude des programmes pour les deux catégories.


Quelle est la situation en dehors de l’Europe?

 
Bütfering: Les signes d’une amélioration de la situation proviennent surtout d’Asie et notamment de Chine. Des nouvelles d’une plus grande disposition aux investissement arrivent également d’Amérique du Sud. Le marché clé d’Amérique du nord semble également en voie de stabilisation, même s’il se trouve encore à des niveaux bas. En Russie la crise a favorisé une rationalisation du paysage des foires et une meilleure canalisation des potentialités. Malgré certains problèmes, je le considère actuellement comme l’un des meilleurs marchés pour les constructeurs des machines à bois.


A quoi doit-on attribuer les difficultés de la Russie?

 
Bütfering: Le marché de l’Est traverse encore un moment de faiblesse. Les clients doivent faire face surtout aux effets de la crise financière. L’effondrement de 2008/2009 a fait très mal à de nombreuses entreprises de ce marché qui compte parmi l’un des plus grands au monde. On perçoit un intérêt très fort, mais les entreprises ont encore peu de possibilités d’obtenir des financements à des coûts acceptables. C’est pourquoi la Russie exprimera de nouveau son potentiel avec un certain retard.


Quels sont actuellement les marchés les plus intéressants pour les constructeurs européens?

 
Bütfering: La zone de langue allemande est restée à de bons niveaux même au cours des périodes de plus grandes difficultés de l’économie, et surtout le secteur de l’artisanat s’est distingué comme un bon acheteur. En outre, la Chine s’est affirmée dans tout son potentiel de marché de débouché pour les constructeurs européens. Dans le Sud-est asiatique il existe encore de bonnes opportunités pour certains secteurs particuliers, notamment le Vietnam est considéré comme un marché prometteur par les constructeurs européens. Mais la concurrence asiatique y est très forte. L’Inde est considérée comme une zone de croissance intéressante, même si les volumes demeurent à des niveaux bas. Les marchés de l’Amérique du sud se distinguent par leurs ressources. Les matières premières ne manquent pas, mais les droits de douane sur l’importation des machines sont un frein pour la compétitivité. On enregistre notamment une augmentation de la demande de qualité et, donc, des machines européennes.


Les constructeurs européens ont donc bien réagi aux défis?

 
Bütfering: Nos entreprises étaient bien placées déjà avant la crise économique. La preuve en est le fait que, malgré la contraction massive des chiffres d’affaires, seules quelques sociétés ont fait faillite. Avec leurs produits, nos entreprises ne sont pas seulement compétitives, mais elles sont également des leaders sous tant d’aspects. La preuve la plus tangible est la part de marché qui est supérieure à 60 pour cent. Même dans les périodes les plus turbulentes, les entreprises ont accompli leur activité avec diligence. Malgré des réductions douloureuses, elles ont misé sur l’innovation. Les secteurs de la recherche et du développement ont pressé sur l’accélérateur et peuvent se présenter aujourd’hui aux marchés avec des produits meilleurs et améliorés.


Que doivent encore faire les entreprises européennes?

 
Bütfering: A LIGNA 2009 il était déjà clair que le thème de l’avenir aurait été l’efficience énergétique et d’exploitation des ressources. A Hanovre de grandes nouveautés et innovations avaient été présentées dans ce sens, mais le sujet continuera à nous passionner pendant longtemps. Un autre aspect que les entreprises doivent gérer concerne la réponse à la globalisation qui avance. L’activité de la vente doit se structurer toujours plus à l’échelle mondiale, si l’on regarde les marchés de l’avenir. De l’Amérique du Sud à la Russie à la Chine, les opportunités à saisir après la crise ne manquent pas. Le grand défi consiste à découper les produits sur mesure pour les exigences spécifiques des clients de chacun de ces marchés.

 

De quelle façon Eumabois soutient-il ses membres dans ces défis?

 
Bütfering: En Europe le secteur des constructeurs des machines à bois a complètement disparu dans certains Pays, par exemple en Angleterre. Ceci complique la situation. D’autre part, le tournant politique des ex-Etats du bloc oriental a ouvert de nouvelles voies vers l’Est. Eumabois a soutenu l’action des entreprises vers la Russie, l’Ukraine, la Slovaquie et la République Tchèque. Cette extension a cependant changé le point de vue, car ces marchés sont surtout caractérisés par la présence de petites entreprises. Cette politique est également un signal important pour nos membres et se relie au message de la qualité. Cette approche se base sur les règlementations et sur les règles du secteur, par exemple, les normes CE, grâce auxquelles les produits et leur production ne sont pas détériorés par la concurrence à tout prix.


Ceci semble comme un message fort contre la contrefaçon: quelle est la stratégie d’ Eumabois dans ce sens?


Bütfering: L’objectif que nous nous sommes donné consiste à communiquer au client le besoin d’acheter les machines et les pièces originales. Dans cette phase ceci nous semble une stratégie plus efficace par rapport à une bataille directe contre la contrefaçon. C’est pourquoi nous avons lancé la campagne “Choose the Original – Choose Success”, pour renforcer chez les clients la conscience de la valeur des technologies originales. La contrefaçon est inacceptable, car elle représente une menace aussi bien pour les constructeurs que pour les clients. Les avantages des technologies originales sont au contraire évidentes. Pour pouvoir s’affirmer sur les marchés asiatiques, il est particulièrement important que les constructeurs européens agissent de concert.



EUMABOIS est la Fédération qui regroupe les Associations nationales de machines pour l’usinage du bois de 13 Pays européens: Autriche, République Tchèque, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Italie, Pologne, Portugal, Russie, République Slovaque, Espagne et Suisse. Environ 800 industries, qui réalisent 56% de la production mondiale du secteur, appartiennent à Eumabois. Toutes les sociétés sont engagées dans la production des machines, des installations et des accessoires pour l’usinage du bois et de ses dérivés.


EUMA/JUIN2010


European Federation of Woodworking Machinery Manufacturers
www.eumabois.com

 

 

 

 


Par Eumabois - Publié dans : Matériel & Equipements
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