Comment réduire simplement la consommation d’énergie dans les bâtiments ? L’exemple des constructions HQE démontre que des gains importants peuvent être obtenus dans le neuf par une simple réflexion sur l’agencement de l’espace. Pour les immeubles anciens, des économies substantielles peuvent découler de l’utilisation d’outils informatiques de pilotage et de suivi à distance des consommations d’énergie. Ainsi, le recours au logiciel « Green building solution », mis au point par la société Vizelia, pourrait selon ses concepteurs réduire à lui seul la facture énergétique d’un bâtiment tertiaire de 30 %.
Avec
46 % de la consommation d’énergie finale, le secteur du bâtiment pèse très lourd dans la facture énergétique de la France.
Mais c’est également un important gisement d’économies.
Notamment parce que les techniques permettant de construire des bâtiments « passifs » (à très basse consommation) et même à énergie positive (qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en
consomment) sont déjà au point, comme en attestent les exemples suisses et allemands.
Si, dans ce domaine, la France est en retard par rapport à ses voisins, les quelques bâtiments Haute Qualité Environnementale (HQE) qu’elle compte témoignent néanmoins de la facilité avec
laquelle des économies d’énergie peuvent être réalisées.
Ainsi, dans le nouveau centre de relation clientèle HQE que Bouygues Telecom a construit à Bourges, « la consommation d’énergie est de 62 000 kW/an, pour une plateforme qui a la même
capacité de production que celle que nous avons construite de manière conventionnelle en Alsace, et qui consomme 162 000 kW/an », témoigne François Delatouche, directeur des services
généraux et de l’immobilier chez l’opérateur téléphonique.
Dans cet exemple, une part considérable de l’économie a été obtenue lors de la phase de conception du bâtiment par « la mutualisation des salles de réunion, la suppression des couloirs
et du mobilier inutiles, ce qui nous a permis de diminuer pratiquement par deux la surface de la plateforme, donc de réduire considérablement la consommation d’énergie. Sans pour autant rogner
sur l’espace et le confort du personnel. »
Ancien : une basse consommation impossible
Si l’on ajoute à cela les possibilités offertes par l’exploitation de l’environnement du bâtiment (ventilation et éclairage naturels), par les énergies renouvelables, l’isolation, l’éclairage
individualisé, etc., l’objectif du « Grenelle de l’environnement » de généraliser la basse consommation énergétique (50 kWh/m2/an) dans les bâtiments neufs d’ici à 2012 est
techniquement réaliste.
Il n’en va pas de même pour les bâtiments anciens.
Outre le coût considérable des travaux que représenterait leur rénovation thermique, leur optimisation énergétique butterait inévitablement sur plusieurs obstacles : la nature des matériaux
d’origine, le modèle architectural, les prescriptions du code de l’urbanisme…
Des gains importants sont cependant réalisables, notamment dans le secteur tertiaire, qui représente 850 millions de m2 en France.
Et, ce, par le recours à des logiciels de contrôle et d’optimisation de la consommation d’énergie. « On peut réduire la facture énergétique de 20 à 30 % sans avoir à refaire le
bâtiment », assure ainsi Fabrice Haiat, PDG de Vizelia Energy, société spécialisée dans les logiciels de gestion de patrimoine immobilier.
La prise en compte automatique des prévisions de Météo France
Vizelia a présenté la semaine dernière « Green building solution », un outil de pilotage énergétique accessible depuis Internet et innovant à plus d’un titre. Capable de
se connecter à n’importe quel outil informatique de Gestion Technique de Bâtiment (GTB) (1), il donne au client « la possibilité de gérer à distance tous ses bâtiments de
manière centralisée ».
Relié à Météo France, Green building solution permet d’adapter les horaires de fin et de début de chauffe du bâtiment aux prévisions météorologiques, ainsi qu’aux horaires d’arrivée et de départ
des usagers. Car il n’y a pas de petites économies. Le logiciel de Vizelia collecte les données sur les différentes consommations du bâtiment, identifie les écarts par rapports aux consommations
attendues, envoie par mail ou SMS des messages d’alerte lorsque des seuils sont franchis, et « permet de vérifier les erreurs de facturation parfois significatives faites par les
fournisseurs d’énergie. »
Mais pour Fabrice Haiat, son principal intérêt réside dans « la mise à disposition de données sur la consommation en temps réel. Rien de tel pour permettre au client de faire le lien
entre certains comportements et leur coût énergétique. Des études américaines démontrent que le monitoring en temps réel génère les bonnes pratiques sans lesquelles il ne peut y avoir d’économie
significative. »